Le Manifeste

Les parents d’élèves des écoles de la ville de Strasbourg, leurs délégués et représentants, les personnes signataires ci-après, tous signataires de ce manifeste.

 

Strasbourg, le 24 octobre 2016

A l’attention :

de Monsieur Roland RIES, Maire de Strasbourg, des conseillers municipaux de la ville de Strasbourg, des personnes en charge de la restauration scolaire, des questions de santé et de protection de l’environnement à l’Eurométropole, des citoyens de la ville de Strasbourg.

 

Objet: Manifeste pour des cantines respectueuses de la santé des enfants et de l’environnement.

 

Mesdames, Messieurs,

Strasbourg renouvelle actuellement son marché public pour la restauration scolaire. Nous souhaitons que ce soit l’occasion d’une réelle prise en compte des problématiques que sont la santé de nos enfants et le respect de l’environnement. Nous aurions voulu être consultés à l’occasion de ce renouvellement, notamment par le biais des délégués et représentants de parents d’élèves que nous élisons chaque année. Partant du principe qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire,  nous sollicitons notre ville pour qu’elle se rapproche des parents d’élèves élus, afin de travailler ensemble sur les points suivants :

 

  1. Réchauffer les repas dans des barquettes en plastique  : une pratique saine   ?

Nous demandons à notre ville d’arrêter de réchauffer les repas dans des barquettes en plastique et de choisir un matériau plus sain lorsqu’il est chauffé. En effet, les repas servis aux enfants des jardins d’enfants et des écoles maternelles de la ville sont préparés à l’avance, conditionnés en barquettes en plastique, livrés, puis réchauffés dans ces barquettes avant d’ètre servis aux enfants dans les cantines. Qui d’entre nous voudrait consommer quotidiennement des repas réchauffés dans du plastique ?

Nous demandons à notre ville de prendre en compte les risques liés aux perturbateurs endocriniens et substances éventuelles, qui migrent de l’emballage vers les aliments. On sait de nos jours qu’il y a toujours une migration de substances, même faible et en deçà des valeurs réglementaires.

Nous invitons la ville à s’informer sur ces pollutions et à prévenir ces risques qui sont de plus en plus évoqués dans notre pays et au sein de l’Union européenne : Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation ANSES, laboratoires d’analyse de l’Etat, Réseau Environnement Santé… Tous en parlent! C’est une question de santé publique. Nos enfants mangent chaque jour à la cantine et durant des années. Nous savons bien que ce n’est pas la quantité qui pose problème, mais la durée de l’exposition et la répétitivité. Le fait que l’utilisation de barquettes en plastique soit autorisée avec des certificats de conformité du fabricant ne constitue pas une pratique saine pour la santé des enfants : bien souvent la législation est en retard sur les problématiques de santé.

 

En comparaison et dans un domaine différent – celui des parcs et jardins – la ville de Strasbourg s’est engagée dans une politique « zéro pesticide”. L’utilisation des pesticides n’est pouvant pas interdite dans notre pays et les fabricants sont aussi tenus de fournir des certificats pour ces produits. Notre ville a pourtant décidé d’abandonner le recours aux pesticides en 2008. Elle a eu une démarche proactive de protection de la santé et de l’environnement pour les parcs et jardins. Notre ville a su adapter ses moyens et ses pratiques à cette nouvelle donne. Nous souhaitons qu’elle adopte la même démarche dans les cantines, en abandonnant les contenants en plastique et en adaptant les structures de restauration.

Nous demandons à la ville d’être cohérente dans son action. La ville promeut l’introduction d’aliments issus de l’agriculture biologique dans les menus des cantines scolaires, c’est une bonne chose. Réchauffer ces aliments dans des barquettes plastiques est contradictoire.

 

  1. Moins de déchets produits par les cantines : bon pour l’environnement et les finances publiques.

Les cantines produisent beaucoup de déchets, qu’ils soient plastiques, à cause des barquettes

– bien pratiques car jetables – ou ”alimentaires” avec les repas non consommés.

En décembre 2015, notre ville a été désignée lauréate du projet ”territoire zéro déchet, zéro gaspillage”, suite à un appel à projet du ministère de l’environnement. Elle s’est engagée à poursuivre la réduction de ses déchets au-delà de 7 % sur les trois prochaines années. Nous invitons notre ville à prendre des mesures pour réduire la production de déchets. Abandonner l’utilisation de ces barquettes en plastique qui génèrent chaque jour des montagnes de déchets, est un axe réalisable facilement à l’échelle de notre ville. Ce serait d’autant plus logique que l’incinérateur de Strasbourg est à l’arrêt, obligeant à grands frais de transporter ces déchets dans un autre lieu.

Enfin, quel exemple pour les citoyens? Notre ville incite ses citoyens à produire moins de déchets et à éviter les produits jetables au travers de diverses compagnes de sensibilisation. Est-ce acceptable qu’elle utilise en parallèle des barquettes jetables pour approvisionner les cantines ?

 

En plus de cette problématique du plastique, nous invitons également la municipalité à :

  • améliorer les repas servis aux enfants pour limiter le gaspillage. Nous savons tous que lorsqu’un repas est appétissant et bon, il sera davantage consommé qu’un repas a l’aspect peu ragoutant et
  • poursuivre sa démarche de qualité en privilégiant les aliments issus de l’agriculture biologique et de la production

améliorer la qualité du cadre et le confort dans les cantines. Mener une réelle réflexion a ce sujet. Les enfants mangeront plus et mieux si leur accueil à la cantine est meilleur.

mener des actions de sensibilisation au gaspillage alimentaire dans les cantines. Nos enfants nous parlent du gaspillage, nous en parlons à nos enfants. Et nos cantines ?

Traiter les déchets coûte très cher. Les économies réalisées par la maîtrise des déchets pourraient servir à améliorer les cantines de notre ville.

Nous sommes donc dans une démarche volontaire et concernée d’amélioration des prestations pour nos enfants. Nous savons que dans d’autres villes et collectivités, la restauration scolaire évolue en prenant en compte ces nouvelles problématiques (voir article de Rue89 Strasbourg sur les cantines scolaires). Nous, citoyens de la ville de Strasbourg et de l’Eurométropole, siège des institutions européennes, ne voulons pas envier d’autres collectivités. Nous voulons le meilleur pour nos enfants et notre environnement.

 

Si vous souhaitez signer le manifeste, cliquez ici.

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